Un ange passe…

Salut !

Santhia-Vercelli

 

Diificile de faire 27 kms quand on a le moral dans les chaussettes. Il m’a fallu très peu de temps pour comprendre mon moral en berne. Plusieurs raisons ont fait que j’en sois arrivé là. Mes douleurs aux pieds en sont une. Avoir si mal du matin au soir devient très pénible. Mais au-delà de la douleur, c’est l’incompréhension et le doute qui me minent. Je ne comprends pas d’où viennent ces douleurs. Des ampoules ? J’en doute. Elles, m’envoient des signaux douloureux très spécifiques. Mes pieds ont-ils encore besoin de temps pour « se faire » ? Et mes chaussures, sont-elles vraiment adaptées à mes larges pieds ? A cela s’ajoute la monotonie des paysages. La montagne et son ambiance renouvellée chaque jour me manque cruellement.

J’en suis à ces réflexions quand j’entame l’étape vers Vercelli. Une « grande » ville par rapport à celles qu’on traverse habituellement. J’ai de moins en moins envie de grandes villes. J’ai pris goût à la Nature, aux grands espaces, à la beauté simple et gratuite. Comme annoncé dans le topo-guide, je traverse des rizières. Je trouve ça beau, puis très vite monotone. Tout est plat. Les terres regorgent d’eau. Le sentier est trop souvent calliouteux, ce que mes pieds n’apprécient guère. Mais puisque je dois avancer, j’avance. Très rapidement je vois que le sentier me fait faire des boucles assez longues. Je m’éloigne beaucoup de la route, pour la retrouver plus tard… en ayant parcouru très peu de distance. J’ai tou,ours mal aux pieds. Ces boucles commencent à me taper sur le système. Je me dis que je perds beaucoup de temps sur le sentier, et arrivé tard aux étapes, je n’en ai pas assez pour visiter la ville. Du coup, je marche, je dors. Je remarche, je redors. Le mot « routine » me vient même à l’esprit ! Excédé, je prends la route. Elle est moche. Longue : une ligne droite de 15 kms, avec seulemeng une petite courbe. Je m’en fous, j’ai trop mal aux pieds. Ça me soulagera de 4 ou 5 kms de « vagabondage » à travers les rizières.

Au début, j’ai l’équivalent d’une demie bande d’arrêt d’urgence. Qui va rétrécir comme peau de chagrin. Au bout de 4 kms, ça ressemble plus à une piste cyclable. Ça va, il n’y pas trop de circulation. Mais toujours trop de chauffards. La piste cyclable se voit diviser par deux. Sur le dernier kilomètre, je me dois d’être plus prudent. Je m’en sors bien.

A peine franchi le panneau d’agglomération, je tombe sur un énorme magasin… Décathlon ! Bien sûr, j’ai envie d’y foncer m’acheter une paire de chauwsures de la marque « Columbia ». Je ne porte que ça depuis huit ans. Je peux les acheter le jour de mon départ sans m »inquiéter. Ce sont LES chaussures pour pieds larges !;) Mais rien ne me dit de façon sûre que mes douleurs viennent de mes nouvelles chaussures. Je dois encore prendre mon mal en patience quelques jours.

En attendnat, il me faut trouver le couvent où j’ai prévu de loger. Évidemment, il est à une des sorties de la ville… opposée à ma position actuelle. Je fais encore 3 kms pour y arriver. Je suis bien énervé car cela veut dire que si je veux aller en ville, je devrais refaire tout ce chemin aller-retour. Et le refaire encore lors de mon départ. Je fais une croix sur la sortie en ville et le cyber café que j’ai vu et où je comptais me rendre.

Le couvent est une grande et vieille bâtisse devant laquelle trône une jolie statut de St François d’Assise en compagnie de ce qui semble être un loup. J’ignore pourquoi mais la statut me semble de bon augure. Je suis reçu par un monsieur sympathique qui appelle la dame s’occupant de l’hébergement. Elle s’appelle Angéla. En m’inscrivant, elle me fait remarquer qu’elle aussi est né un 23 septembre, mais qu’elle est plus âgée. On rit. Très vite elle me met à l’aise dans cette immense structure. Je ne l’aurais pas cru si grande de l’extérieure. Pardonnez-moi le terme, mais il y règne un bordel sans nom. J’ai l’impression de débarquer en plein emménagement. La maison semble très vieille. Des travaux sont en cours dans le cloître. J’aime de suite cette ambiance !

Une fois inscrit, Angéla me mène à ma chambre individuelle. Une sorte de cellule religieuse : deux lits, un lavabo. Là encore, je m’y sens tout de suite bien. Je déballe mes affaires, vais me laver et rejoins Angéla à qui j’ai demandé d’utiliser son ordinateur pour alléger le poids de mes photos. J’en profite pour lui poser quelques questions. Sur les lieux et sur certaines phrases utiles en italien. J’apprends que les Franciscains avaient vécu ici à une époque. Maintenant c’est une maison d’accueil pour personne en difficulté. Je tombe bien, alors ! 😉

Fini le coup de blues ! Depuis que je suis arrivé là, tout va très bien. Sans le savoir, Angéla m’a bien remonté le moral. Si bien que quand je regagne ma chambre, je m’allonge… et m’endors une petite heure. C’est ma première sieste depuis le début de mon périple.

Je vais en ville pour la forme, et pour manger. Je me sens à nouveau très bien. La sieste m’a fait un bien fou. Je sens que je n’aurais pas de souci pour m’endormir ce soir. De fait, j’en profite pour répondre à vos messages, qui ce soir-là sont de nouveau appréciés à leur juste valeur. Merci.

A bientôt !

Mahdi du Camino

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8 réponses à Un ange passe…

  1. Nicole dit :

    Nous finissons toujours par trouver un ange sur notre chemin que ce soit dans la vie quotidienne ou l’hors d’ évènements comme ceux que tu vis présentement. C’est pour cela qu’il ne faut pas lâcher car de beaux moments sont à vivre. Lâche pas Mahdi. Bisous xxx

    • Tout à fait d’accord, Nicole. C’était juste un petit passage à vide, je ne lâche pad. Les paysages sont devenus tellement plates depuis deux ou trois jours… 😉
      Bisois et bonne journée !

  2. Jean Marc dit :

    Tiens bon l’ami…je sais que « TU VAS Y ARRIVER » !!!!! le Chemin a ceci d’étrange, les douleurs du soir, ont rarement arrêté un pèlerin de repartir le matin !!! on sait tous ce qui nous attend au bout, peut-être ça qui nous fait tenir ! courage Mahdi, on pense a toi.

    • Merci pour ton message, Jean-Marc. Oui, tous les matins ça repart, avec de nouvelles envies. Je ne láche pas l’affaire. Mais j’ai trouvé la transition (ou l’absence de transition ?) entre la montagne et la vallée trop violente. Vivement de quoi égayer mes yeux, que les voitures et autres maisons n’attirent guère. J’ai soif de nature.
      Bonne journée !

  3. Maryse Filion dit :

    Nicole … C’est tellement beau ce que tu as écrit …

    Mahdi : il va, sûrement y avoir des étoiles sur ce chemin … Je le sens ❤️

  4. Ce matin, le soleil brille dans un ciel plutôt bleu. C’est bon signe… 😉
    Bisous, et bonne journée !

  5. CHAIGNEAU Genevieve dit :

    +QUIMBE RAID PA MOLLI ( en créole : tiens bon la rampe, ne baisse pas les bras!.

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