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Républicain Lorrain mercredi 23 juillet 2003 FAMECK De Jérusalem à Compostelle une marche à échelle humaine. Trois marcheurs, un chrétien, un musulman et un juif, côte à côte, de Jérusalem à Compostelle. Un pari baptisé Ensemble, dans lequel se lance le Fameckois Mahdi Alioui. "Pour témoigner qu'une communion est toujours possible au-delà des différences confessionnelles Rencontre... Quand il marche, Mahdi vit. Pleinement. A 35 ans, ce Fameckois de souche a trouvé sa voie. En posant un pied devant l'autre. A l'infini. Mais le chemin n'était pas tout tracé... Voici quelques années, Mahdi Alioui a connu le ras-le-bol. Cette grande remise en question qui guette tout un chacun. Il quitte Fameck. Et chausse ses baskets... direction Saint-Jacques-de-Compostelle. "Par curiosité et recherche spirituelle. Pourtant, avant, je détestais la marche, je n'avais aucune patience!. Il rit. Visage illuminé d'une flamme intérieure. Derrière ses lunettes, ses yeux brillent. "La première fois, j'ai fait Metz-Thionville, c'était terrible, le lendemain je ne pouvais plus bouger! Et puis j'y ai pris goût.... En 2001, il tente donc la grande aventure, le parcours des pénitents. "En deux mois et cinq jours, souffle-t-il. Ça m'a vraiment apporté quelque chose.... Mahdi hésite, c'est d'expérience humaine dont il veut parler: "J'ai rencontré tellement de gens différents!. Parmi eux, Richard Bois, croisé au retour, en descendant d'un bus. Le Toulousain de 53 ans repère Mahdi: "Un musulman qui revenait de Compostelle. Cela m'est apparu comme un signe d'ouverture de sa part. Ni une, ni deux, il présente son projet au Fameckois: relier Jérusalem à Compostelle à pied. "Nous partirons en septembre, quoi qu'il arrive. Et ce n'est pas tout, puisque l'idée maîtresse de l'épopée, baptisée Ensemble, est de regrouper trois hommes de confessions différentes, un chrétien, un juif et un musulman. Richard s'explique sur la portée du geste, sa symbolique: "Nous voulons témoigner qu'une communion est toujours possible, au-delà de ces différences confessionnelles, au-delà de ces identités qui nous fondent et nous différencient. Mahdi demande quinze jours de réflexion. Et accepte. La valse des visas peut commencer. Mais l'imprévu déjoue les plans: Banco, l'ami juif qui devait compléter le trio, est hospitalisé. Impossible pour lui de poursuivre. Richard et Mahdi se mettent donc en quête d'un remplaçant. Lequel, à l'heure actuelle, n'a toujours pas été trouvé. Déçus, les deux compères affirment néanmoins: "Nous partirons en septembre, quoi qu'il arrive. Les affaires sont rassemblées: "Un sac de couchage, un appareil photo, une caméra, une boussole, détaille Mahdi, on fait la chasse au poids!. Pas de tente donc, les marcheurs dormiront sous les étoiles, "ou chez l'habitant. Des sponsors sont apparus, équipant les marcheurs de la tête aux pieds. Des médias aussi, telle la chaîne Arte qui devrait filmer quelques étapes du périple. En coulisse, Mahdi a repris son entraînement, "je marche régulièrement. C'est comme un rodage, le corps est une machine qui s'habitue à tout." Il va, son rêve en bandoulière. Charline Poullain. |
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Républicain Lorrain du jeudi 4 septembre 2003 FAMECK Paix sans Frontière relie les mondes. Ouvrir de nouveaux horizons. Voilà bien le leitmotiv de l'association fameckoise Paix sans Frontière. Deux marcheurs de l'extrême - qui entendent relier Jérusalem à Compostelle - sont venus dévoiler les grandes lignes de leur périple. La route de la tolérance est toute tracée... Ils ont déplié leur drapeau aux couleurs gaies de l'arc en ciel. Dressé tables et chaises. Et accueilli leurs invités. Car la porte de l'association fameckoise Paix sans Frontière est ouverte à tous. "Notre mouvement répond à la volonté de créer ensemble une dynamique de Paix, rappelle, en début de soirée, la présidente, Clarisse Vaz. "L'idée est de mettre sur pied des actions pour toucher le plus grand monde, rassembler des personnes de cultes différents. Mais également de soutenir les gens. Les buts sont aussi divers que les publics variés. Ainsi, l'association a- t-elle réuni dernièrement les amis de Hamid Moulai, ce Fameckois décédé des suites d'une bagarre, le vendredi 8 août, et deux aventuriers en partance pour une marche de 8 000 kilomètres. Pourquoi un tel rapprochement? Car chacun se veut porteur d'un message de paix. A sa façon. Avec ses mots. "Après la mort de Hamid, vous êtes venus nous trouver avec l'intention de "faire quelque chose pour que cela ne recommence pas". Vous nous avez dit aussi qu'il fallait "montrer qu'à Fameck on peut faire autre chose que de brûler des voitures", retrace, en s'adressant aux jeunes, Patricia Auger, membre de l'association. Une marche contre la violence a donc été organisée dimanche 17 août (lire notre édition du 18 août). Patricia va plus loin: "Si vous voulez on peut créer une section jeune au sein de Paix sans Frontière. "Au-delà des religions et des civilisations. Après une minute de silence à la mémoire du jeune disparu, Patricia se charge de présenter les autres invités du jour: le Fameckois Mahdi Alioui et le Toulousain, Richard Bois. Voici deux ans, les deux compères se croisent au retour de Compostelle. Au bon moment. Richard rêvait de mettre sur pied une marche allant de Jérusalem à Compostelle, alliant trois hommes de cultes différents: un Chrétien, un Musulman et un Israélite. "Je suis chrétien, né au Maroc. A l'époque il y avait beaucoup de Juifs là-bas, j'ai été imprégné de ces trois cultures, explique Richard. Sa dégaine d'aventurier, son discours de tolérance séduisent Mahdi, d'obédience musulmane. Le pacte est scellé. Une association baptisée Ensemble voit le jour pour servir de base au projet. Cependant, l'ami israélite qui devait les accompagner tombe malade. Ils se mettent donc en quête d'un autre compagnon. "Nous avons trouvé deux candidats en Israël. Mais ils ont un problème de passeport pour passer en Syrie, souligne Richard, qui commence à s'y connaître en procédures administratives, organisation du périple oblige. Physiquement aussi, les 8 000 kilomètres à parcourir se préparent. "J'ai renoncé à la voiture, note Richard, et bien je ne vais pas moins vite! "Nous partons le 15 septembre, annoncent les marcheurs. Impressionnés, les jeunes tendent l'oreille. Petit à petit, un dialogue s'instaure. "Et vous allez mettre combien de temps?. "On espère arriver en juillet août 2004. Mais nous n'avons pas fixé de date limite car on ne sait pas ce que l'on va rencontrer. Nous avons listé les grandes villes, mais pas les autres pour avoir une liberté de mouvement, pouvoir aller vers des lieux et des personnages intéressants. Là est bien l'idée maîtresse: "Rencontrer des gens, montrer que l'on peut faire des choses ensemble au-delà des religions, des civilisations et des frontières." Charline Poullain . |