Le vent du changement…

Salut !

Je suis conscient que ce n’est pas toujours évident de me situer. Je fais allusion à ma marche. Pour me situer dans la « ville » de tous les jours, il suffit de me cataloguer « mec bien ». Et modeste… 😉 Donc, pour vous aider, voici une carte concoctée par mon ami Christian. Lui aussi un mec bien. 😉

Elle retrace le chemin parcouru depuis le début. Enfin, sachez que je rédige cet article de Piacenza (Plaisance), et que demain, ou mardi au plus tard, je quitterai La Via Francigena pour tracer mon propre itinéraire vers Assise. Plus de topo-guide ! A ce jour, je ne sais pas exactement par où je vais passer, et encore moins où je vais dormir. Bien sûr, je vous donnerai tous les détails au fur et à mesure.

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Mise à jour du 16.08.2014 :

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A bientôt !

Mahdi du Camino

PS : pour ceux qui ont raté le début, jetez un oeil à cet article

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Un marcheur qui ne marche pas… s’ennuie. ;)

Salut !

Ma journée de repos ne m’inspirant pas grand chose, je vous mets une toute petite vidéo de la place principale de Piacenza, et quelques photos :
 
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Boutique juste en bas de « chez moi » :
 
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Vivement que je me remette en marche ! 😉

A bientôt !

Mahdi du Camino

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« Autan » en emporte le vent…

Salut !

Un petit article en guise d’hommage et de remerciements.

D’abord, je tiens à remercier deux personnes. Il y a Paolo, rencontré hier à Piacenza, d’où j’écris actuellement. Comme promis, il est venu me chercher ce matin, à 10h. Et m’a emmené chez Décathlon. D’où je suis revenu avec une paire de Columbia. Ladite paire avait bien été mise de côté grâce au vendeur du Décathlon de Pavie qui m’avait bien aidé. Je devrais donc être aux anges, pensez-vous. Oui et non. Oui, j’ai mes Columbia, ce qui me rassure. Non, car je n’avais pas le choux de la taille et j’ai donc dû prendre une pointure au-dessus. Mais ce matin mes pieds me faisant déjà bien mal sans avoir marché, et semblant de plus en plus à l’étroit dans mes chaussures jaunes, il m’a fallu choisir rapidement. Comme dirait César en franchissant le Rubicon « Alea jacta est. » Le sort en est jeté. Moi, j’ai franchi la Pô et dois continuer à écrire ma destinée.
Paolo n’avait pas le temps d’accepter le verre que je voulais lui offrir. Il m’a simplement dit que ça lui avait fait plaisir de m’aider. J’apprécie. Demain, je passerai le saluer une dernière fois.
Pour la petite histoire : Paolo travaillait dans… l’informatique. Il en a eu ras-le-bol et a fait cette folie, comme il dit : ouvrir sa propre boutique en pleine crise mondiale. Je lui souhaite une belle réussite.

Et il y a Mauro, je l’ai rencontré à Pavie. Nous avions partagé le même dortoir. Ayant vécu un an à Bordeaux, il parlait bien le français. Plein d’humour, il était aussi très marqué par le Camino. A Pavie, il faisait route à vélo durant une dizaine de jours. Nous avions bien ri tous les deux. Et avions remarqué les mêmes choses concernant La Via Francigena. Mauro m’a fait le plus beau des cadeaux en me faisant acheter un produit qui allait changer ma vie de marcheur ! Un simple petit flacon à 6,50 €.

Depuis que j’applique ce gel, les moustiques (zanzare, en italien) me respectent. Son efficacité est redoutable. Au point que le soir, je peux bouquiner la fenêtre ouverte, la lumière allumée, sans même me couvrir ! C’est tout simplement incroyable. Quand je marchais près du fleuve, je n’ai jamais été piqué. Ja-mais. Idem en ville. Ce produit, dont je viens de racheter un flacon ce matin, mérite que je lui rende hommage 😉 :
 
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A bientõt !

Mahdi du Camino

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Les anges gardiens…

Salut !

Avant toute chose, j’aimerais vous prévenir : ce que j’écris n’engage que moi et mes croyances. Vous avez tous les droits : vous pouvez trouver ça stupide ou marrant. Vous pouvez mettre ça sur le compte d’un bouleversement hormonal dû à un gros et long effort. Comme ça arrive parfois à certains marathoniens. Bref, vous êtes libres de penser ce que vous voulez. 😉
 
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Comme prévu, je suis bien arrivé à Piacenza. Comme prévu, l’étape a été longue. Et comme prévu, j’ai eu mal aux pieds. Par contre, ce qui n’était pas au programme c’est que j’aie AUTANT mal aux pieds ! A l’arrivée, je me suis installé à la terrasse d’un bar car le propriétaire de l’hôtel n’était pas là. Je n’en pouvais plus de rester debout. Au bar, il m’a fallu une heure pour revenir à des douleurs « normales ».

Effectivement, l’étape a été longue. A un moment, j’ai quitté la digue pour un sentier longeant le fleuve de plus près. Ça me demblait une bonne idée. Le kilométrage était sensiblement le même. Sauf que sur la digue, je marchais généralement sur du béton. Ce n’est le top, mais c’est « mouns pire » que les gros cailloux. En revanche, ledit sentier m’en a donné pour mon argent ! Environ 8,5 kms de pierres sur les 9 kms me ramenant au pont de Piacenza. Une horreur. Heureusement, la nature est belle et il règne un calme apaisant. Bien que j’ai souvent eu envie d’hurler. Curieusement, plusieurs fois dans la journée j’ai pensé au livre de Laurent Gounelle « Dieu voyage toujours incognito ». Livre que j’ai beaucoup aimé.

Je vois enfin (!) le fameux pont. Il est très haut et ça circule beaucoup. Je pense à une autoroute. Je passe dessous. Aucune indication sur la direction à suivre. Logiquement, je pars sur la droite. Une petite route se déroule devant moi. Au bout de cette route apparaît un vieux monsieur à vélo. Il est torse nu et devant son guidon siège une petite caisse de légumes qui me rappelle celle du monsieur très sympa de Belgioioso. Celui qui voulait me déposer à Santa Cristina. Donc arrive vers moi cet homme qui doit avoir dans les 80-85 ans. Peut-être plus. D’emblée il me fait penser à mon père décédé il y a près d’un an. Étant dans le doute quant à ma route, je l’interpelle et lui demande la direction du pont. Je suis très fatigué. J’ai tellement mal aux pieds que j’en deviens nerveux. Le monsieur me dit que je dois aller dans la direction opposée. Ce n’est pas possible, me dis-je. Ce n’est pas logique ! Je râle (en français 😉 ). Le vieux monsieur a les yeux qui brillent de malice. J’ai limpression de voir mon père ! Il ne relève pas ma remarque et m’explique calmement, toujours avec son petit sourire en coin, que je dois remonter jusqu’à un rond-point et prendre la piste cyclable menant au pont, Elle sert aussi aux piétons. Je le remercie et m’en vais.

Reste ce curieux sentiment d’avoir « parlé » à mon père. Je me sens tout bizarre. J’ai les larmes qui me montent aux yeux. Je me retourne pour voir ce qu’il fait. Il est censé me dépasser. Quand je me retourne, il a tout simplement disparu ! C’est à n’y rien comprendre. Je me suis tourné dix fois. Je ne l’ai jamais revu.

Le pont est très long. J’ai l’mpression que mes orteils vont casser. J’ai des douleurs que je n’avais pas auparavant. A des ongles, notamment. Je prends sur moi, je n’ai pas le choix. Pas question de faire une pause maintenant.

Quand j’arrive devant l’hôtel, il faut téléphoner. Je suis furax ! Je dois m’asseoir. Je vais boire un coup à une terrasse. Une heure plus tard je reviens. Toujours personne. Encore une fois, un homme arrive à vélo. Il l’attache juste devant l’hôtel. Je lui demande si il connaît le propriétaire. Oui. Il faut l’appeler pour qu’il vienne. C’est sa façon de fonctionner. Le monsieur me propose de l’accompagner dans sa boutique… d’alcool en tous genres. 😉

Il appelle la personne concernée qui doit arriver dans 10 mn. Nous discutons. Il rentre à peine de vacances en Sardaigne et venait voir si tout allait bien dans sa boutique. Je lui parle de La Via Francigena. De mes problèmes de chaussures. Et en profite pour lui demander où se trouve Décathlon. C’est loin et il n’est pas sûr que je puisse y aller en bus. Le propriétaire arrive. En fait, ce n’est pas un hôtel comme annoncé dans le topo-guide. La personne loue une, ou plusieurs chambres. Je remercie le monsieur de la boutique pour sa gentillesse. En 5 mn j’ai loué la chambre pour deux nuits. Le type a encaissé très vite son argent, m’a expliqué quelques détails en deux minutes, et s’en est allé. Plus tard, je me rends compte qu’il ne reste que trois gouttes de liquide vaisselle. Je ne peux m’empêcher de le trouver pitoyable. Tout s’est passé tellement vite que je n’ai pas pensé à lui faire tamponner ma credancial. Tant mieux. Je me dis que quelqu’un d’autre le mérite davantage.

Je redescends à la boutique d’alcool. Je demande au monsieur de m’expliquer comment aller chez Décathlon demain matin. Il me propose de m’y emmener ! J’avais raison, c’est bien lui qui doit me tamponner et signer mon passeport du pèlerin. Il le fait avec plaisir. Nous échangeons nos prénoms. Il s’appelle Paulo. Rendez-vous est pris pour demain matin, à 10h.

Moi aussi je crois que Dieu voyage toujours incognito…

A bientôt !

Mahdi du Camino

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Seulement en plaisance de mon avocat…

Salut !

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J’ai dormi dans un four, cette nuit ! Je ne me souviens pas avoir eu aussi chaud depuis le début. J’avais la climatisation à disposition. Le système à moins d’un mètre de mon lit. Mais comme je ne suis pas très friand de ce que je ne trouve pas naturel, et que de surcroît je tombe facilement malade avec ça, j’ai opté pour l’étuve. 😉

Habituellement, je ne prends pas de douche avant de partir. Mais là, il était impératif que je me « démoite ». Cela m’a permis de découvrir les installations sanitaires dont me parlait le maire. Tout l’étage inférieur a été aménagé. C’est impressionnant. On a l’impression de descendre dans un bunker… en ascenseur, s’il vous plaît ! C’est tout neuf, tout propre, et hyper fonctionnel. De fait, une bonne douche froide finit de me réveiller.

Après avoir mangé des fruits et bu deux cafés au bar de la veille, me voilà sur la digue longeant le fleuve Pô.
 
Pour une raison indépendante de ma volonté, il n’y a pas d’aperçu de la vidéo ci-dessous. Mais si vous cliquez dessus, vous pourrez la visionner normalement.
 
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Le maire avait raison. C’est très agréable. La digue est aménagée pour être empruntée en tracteur, en voiture, à vélo, et à pied, bien sûr. La route étant loin, j’avance dans le plus grand calme. Etant en hauteur par rapport aux champs, je peux apprécier le paysage. Ici, du maïs. Là, du soja. Là-bas… euh… je ne sais toujours pas. 😉

Les hérons et les corbeaux sont aussi de la partie. Quelques rapaces sont perchés sur certains pylõnes. Malgré les aménagements il y a tout de même un cõté sauvage. Les choses ont été bien faites. Je me retourne plusieurs fois pour regarder la petite ville d’Orio Litta s’éloigner. Curieusement, cela me rappelle Sahagún. Est-ce la couleur de la pierre ? Ou la grange des Bénédictines ? Je ne sais. J’aime cette petite bourgade.

Après trois heures de marche, je commence à avoir très mal aux pieds. San Rocco est encore loin. Je suis environ à la moitié de l’étape. Par chance, un bar est posé là, au bord du fleuve. Non signalé par mon guide, il tombe à point nommé. Je suis en manque d’eau gazeuse…

Je rédige donc cet article avec vue sur le Pô qui s’écoule à une dizaine de mètres. Le ciel est toujours couvert. Il fait juste bon.
 
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D’après le topo-guide, ma route ne devrait pas varier aujourd’hui. Je resterai sur la digue jusqu’à l’arrivée. Ça me convient. Même si les passages caillouteux sont assez pénibles pour mes pieds. Quand ceux-ci sont en feu, chaque pas me coûte. Cela dit, même si je sens toujours la douleur, je la gère beaucoup mieux. Je marche bien plus longtemps, et un peu plus vite, avant d’avoir très mal. Il y a une nette amélioration.
 
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Hier, vers minuit, je suis monté au second étage de la grange. Dans la nuit j’ai pu voir Piacenza au loin. Il me tarde d’y arriver. Le nom français de Piacenza est Plaisance. C’est là-bas que je vais devoir faire des choix très importants pour la suite de mon périple. Sans tenir compte de l’avocat du diable. 😉

A bientôt !

Mahdi du Camino

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